30.01.2008

Le repos de l'âme

Voilà que mon âme menace de s'éteindre. Je ne suis plus qu'un ramassis d'immondices, parmi lesquelles seulement quelques cuisantes douleurs m'arriment encore à ce monde. Des braises incandescentes qui au moindre souffle risquent d'enflammer mon corps racorni.

Seule la froideur de mon âme éloignera toute étincelle. Alors peut-être une vigueur fébrile me remettra sur pied, un espoir nouveau...

Dois-je de suite lancer mes dernières forces dans la bataille ? Dans un ultime assaut tenter le tout pour le tout et me sacrifier pour mon salut ? Mes chances me semblent aussi faibles que l'allant qu'il me reste.

N'ai-je pas déjà tout perdu ?

Je veux m'étendre dans la fange de mes fautes, que mon corps y dépérisse. Je veux en me décomposant annihiler les insupportables douleurs, ne plus souffrir ni mes hématomes, ni la béance de ma poitrine décharnée.

Que mon âme se libère de sa (trop) cataleptique enveloppe qui lui est devenue inutile. J'aimerais que longtemps elle virevolte sur toutes les latitudes. Qu'elle se ressource aux oasis les plus propices. Qu'à travers l'espace et le temps, elle redécouvre l'essence qui l'a faite vivre jusqu'à présent. Qu'elle pèse les souvenirs et les espérances. Et qu'elle ne revienne que si le résultat de la balance lui a rendu la soif. La soif de l'existence.

En attendant, ne troublez pas mon repos.

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