30.01.2008

Le repos de l'âme

Voilà que mon âme menace de s'éteindre. Je ne suis plus qu'un ramassis d'immondices, parmi lesquelles seulement quelques cuisantes douleurs m'arriment encore à ce monde. Des braises incandescentes qui au moindre souffle risquent d'enflammer mon corps racorni.

Seule la froideur de mon âme éloignera toute étincelle. Alors peut-être une vigueur fébrile me remettra sur pied, un espoir nouveau...

Dois-je de suite lancer mes dernières forces dans la bataille ? Dans un ultime assaut tenter le tout pour le tout et me sacrifier pour mon salut ? Mes chances me semblent aussi faibles que l'allant qu'il me reste.

N'ai-je pas déjà tout perdu ?

Je veux m'étendre dans la fange de mes fautes, que mon corps y dépérisse. Je veux en me décomposant annihiler les insupportables douleurs, ne plus souffrir ni mes hématomes, ni la béance de ma poitrine décharnée.

Que mon âme se libère de sa (trop) cataleptique enveloppe qui lui est devenue inutile. J'aimerais que longtemps elle virevolte sur toutes les latitudes. Qu'elle se ressource aux oasis les plus propices. Qu'à travers l'espace et le temps, elle redécouvre l'essence qui l'a faite vivre jusqu'à présent. Qu'elle pèse les souvenirs et les espérances. Et qu'elle ne revienne que si le résultat de la balance lui a rendu la soif. La soif de l'existence.

En attendant, ne troublez pas mon repos.

29.01.2008

Les cavaliers du vortex

Lancés à mes trousses au grand-galop, les cavaliers du vortex chevauchent avec fureur. Dans l'absolue pénombre, j'entends le fracas des sabots crépitants de leurs montures emballées qui me cernent de tous côtés. Traque affolante qui ne me laisse que le répit de mes frayeurs. L'écho d'une cavalcade me rabat dans le martèlement d'une autre. Ils m'encerclent, utilisent mes peurs pour me désorienter.

A leur tête, le Grand Crique, dandy dantesque dans sa cape à la froideur cryptique. Il m'a promis de nourrir mes rêves contre ma mort ; les terreurs cesseront si je lui remets ma vie et mon amour durera, éternel dans le néant. Bien-sûr, je pressens le leurre mais mes peurs sont grandes et m'incitent à me livrer.

Je voudrais mourir la passion dans le sang, saoul de mes sentiments empoisonnés, dans la douleur qui les entretient. Ô chaleur de ma belle dulcinée, tu m'embrases le coeur et mes forces s'évanouissent. J'agonise, ne pouvant plus résister à ces souffrances que tu m'infliges.

Si je m'abandonne, les cavaliers du seigneur des enfers me jetteront dans le vortex : les ténèbres abyssales pour jamais et toujours.

A quoi bon lutter quand il suffit de se laisser aller pour mettre un terme à tous ses tourments ? Pour survivre je dois t'abandonner mon premier amour, ainsi que nos bonheurs avortés et tous mes espoirs. Ils me retardent trop et ce ne sont plus que des cadavres.

Les cavaliers qui me poursuivent pistent mon coeur mort, ils le veulent comme trophée. Ma bien-aimée je vais t'oublier. Ces adieux je te les fais dans l'espoir de te retrouver, toi que j'ai aimé comme jamais. Je coupe nos liens pour les ressusciter. Je te promets de tout faire pour t'inonder à nouveau de toutes mes libations. Pardonne ma défaite. Ma passion doit tarir et percer ailleurs, plus forte encore pour ressurgir. Adieu.

Je plante ma lame d'acier dans mon thorax et j'en extrait mon coeur putréfié. Je le lance le plus loin possible où il rebondit mollement. Alors que je m'enfuis, les cris du festin des cavaliers voraces me percent les tympans.

Ainsi commence mon errance de pantin morne et léthargique. Toutes mes volitions envolées, me voilà aussi amorphe qu'un épouvantail, tout aussi apathique.

Mais je me meus toujours car dans mon élan je ne m'arrête plus. Une seule idée m'engourdit l'esprit : liberté !

28.01.2008

Sur les chemins de l'errance...

Voici le récit d'un voyage.

D'une lutte pour la vie.

D'une quête pour le bonheur.

Ce journal de bord me servira de guide dans mes tribulations.

De transport aussi.

J'y écrirais mes ambitions.

J'y inscrirais mon trajet que si nécessaire je rectifierais.

Les routes à éviter, celles à suivre...

Il sera le chaudron de mes pensées, j'y mêlerais mes notes, mes observations...

J'en attends la vérité.

Je recherche le passage qui conduit hors du monde des ombres.

La lumière qui irradie de joie, intarissable : le nirvana.

Chaque repère que je trouverais, je le signalerais ici.

Je commence mon carnet en espérant qu'il me conduira où je désire.

Que ceux qui le lisent l'utilisent comme bon leur semblera, puisse-t-il à eux aussi leur servir.

Même si j'échoue et péris sur le trajet, je vous livrerais malgré tout cet espoir, cette rage de vivre qui m'anime aujourd'hui.

A vous d'en faire bon escient.

Ce périple s'annonce éprouvant et long.

Il est temps à présent, je pars.

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