07.02.2008
Mon nom est personne
Elle m'a pris mon coeur, mon corps et jusqu'à mon nom, ne m'a rien laissé. Après l'affront final, j'ai déposé toutes mes armes à ses pieds. Je vais maintenant l'âme écorchée et les flancs lardés, ombre errante parmi les spectres qui vivaient pourtant hier encore. Dans les ténèbres je louvoie sans but, ombre informe, indistincte parmi les ombres. Je ne suis plus rien, je ne suis personne. Le flétrissement de mes chairs et l'étiolement de mon âme ne m'importent plus. Ni la trajectoire du Monde et pas même les richesses qu'il recèle ; de l'iris des vertus qui le franchissent de mont en mont, des sources chaudes où l'amour se prélasse, de ses reflets moirés et sublimes dans le levant à l'espoir qui revigore et qui anime : tout ça ne m'habite plus. Me voici aussi insensible qu'une coquille de noix desséchée, une écorce vide et broyée par le tronc même qui l'a faite tomber.
Me voilà cafard abject, rampant dans ses fèces qui s'étalent en fange mouvante. Les silhouettes passent mais jamais ne s'arrêtent, toujours elles me dépassent. Que leur chaut une enveloppe aussi inerte, aussi insignifiante que le creux dans laquelle raisonne son impuissance ? En somme, une tombe qui s'effondre sur elle-même et s'effrite sous le vent.
Quand le corps meurt, chaque battement de coeur, pour l'âme, est une douleur insurmontable.
00:55 Publié dans Ephéméride | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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