08.03.2008
Comment l'espoir me fait mourir
S'il ne se tenait prêt à nous décapsuler le gland, nous déciderions l'heure de notre salut. Mais pauvres indigents, nous voilà qui rampons, cadavres larvés, pour la plus insignifiante once de plaisir. L'espoir est un titan inattaquable comparé aux bribes de satisfaction dont il nous sustente. Seulement à trop rester dans son ombre, on finit par geler et tomber.
Il aspire mon souffle dans celui du vent glacé. Je tremblote, parcouru de faibles ondes de chaleur, celles de désirs avortés, convulsé et fiévreux.
Maudit sois-tu démon sournois. Tu fais croire tant et tant et donne si peu. Me voilà désabusé. Quand la somme des douleurs dépassera celle des bonheurs, je demanderais pour qui sonne le glas, enfin.
Mais peut-être suis-je trop orgueilleux. Si prétentieux que je rejette ce dont il me permet de profiter. Je voudrais que tout soit rose. Que ces maux qui m'insupportent disparaissent dans le tourbillon de mon phrasé. Que la pointe de ma plume, chauffée à blanc, ouvre mes veines et extrait le poison de mon sang. Ce mal qui me laisse amorphe devant la plus propice, bien que trop souvent infructueuse, embellie. Car je ne possède rien que du vent qui m'irrite, que des fantômes à embrasser et des abysses à enlacer. Et je doute de disposer de l'étoffe du corsaire qui s'empare des trésors qu'il convoite.
Voilà, la faim me tiraille et me met un peu plus au supplice. Elle m'oblige à croire plus dur encore aux nombreuses illusions auxquelles je sers de jouet. Et quel supplice de Tantale que de s'imaginer les joies à portée de main, qu'on dirait si faciles à rafler ! Mais impossible de se prémunir contre ces pensées tortionnaires. Ces bourreaux du coeur qui me consume à feu doux, obturant l'une après l'autre chacune de mes artères. Je me sens mourir anémié. Tandis que, la bouche béante, je cherche en vain l'inspiration qui m'apporte l'oxygène dont j'ai besoin. Combien d'instants tiendrais-je encore en apnée ?
Quelle torture que ces bouffées d'espoir qui m'agressent sans cesse. Peut-être un mal nécessaire, mais pas forcément prolifique, auquel cas il devient plus que mortifère.
22:39 Publié dans Ephéméride | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




Ecrire un commentaire