09.03.2008
Alberto express
Le sujet du film concerne ce passage capital dans l'existence où l'on transmet la vie. Alberto semble fuir autant son futur que craindre que son passé ne le rattrape. Il tente à la vitesse du TGV de lui échapper, d'amasser la somme qu'il doit à son père afin de tirer un trait sur son passé et pouvoir s'élancer dans la nouvelle vie qui l'attend. Cette course folle tourne comme un mélange d'enterrement de vie de garçon, de reniement du passé et d'échappatoire à l'avenir. Alberto, à ce carrefour, se trouve en prise avec son passé, son présent et son futur, sans vraiment savoir vers lequel se diriger.
D'ailleurs la mise en scène surréaliste du film montre bien que plus que d'essayer de se trouver en adéquation avec la réalité, c'est d'abord l'accord avec lui-même que recherche Alberto. Le personnage d'ailleurs se révèle haut en couleurs, tantôt fantasque, tantôt touchant, on a l'impression d'aborder chaque facette de sa personnalité et de mettre le doigt sur son authenticité qui fait de lui une personne fort sympathique.
Pendant son périple, le voilà embarqué dans plusieurs situations plus ou moins loufoques, de la lointaine camaraderie aux relations avec les ancêtres, en passant par la vieille amante tentatrice à l'appât du gain. En fait, on nous donne à voir la construction de l'identité d'Alberto, dont la volonté d'exister dans cette comédie repose sur la dimension tragique de l'éventuelle perte d'un pan de sa vie, qu'il s'agisse de son passé ou de son futur. Et voilà en quoi Alberto donne à nous émouvoir. D'autant qu'on découvre à chaque instant ses fantasmes et ses peurs.
Au final, on éprouve néanmoins une profonde déception de penser quel dommage que si peu de film possèdent les qualités d'Alberto Express. Arthur Joffé nous livre ici une production créative, drôle, émouvante, intelligente, originale et j'en passe... Le résultat : une superbe fable qui nous décrit peut-être le passage le plus important dans la vie d'un Homme et par conséquent le plus difficile mais aussi le plus important.
Un chef d'oeuvre.
22:39 Publié dans Chronique, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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