19.03.2008
Cerbère intérieur
Ce mal qui te ronge, ce cerbère inébranlable te pétrifie, te tétanise et quand surgit le raz-de-marée, il te bloque le droit chemin. Alors à tes pieds ne restent qu'à fouler l'aride désert de ton désespoir. Tu te louvoies, fébrile, entre les cactus de tes peines avec ces besoins qui te suinte par tous les pores de la peau, celui d'un ombrage, et peut-être même de l'ondée d'une oasis.
Les cavaliers fougueux ont fui au grand galop et dans la tempête tu as perdu leurs traces. Ce sale cerbère qui t'emprisonne, qui te maintient l'âme en peine, le courage te manques pour le terrasser. En attendant il te tenaille jusqu'à ce que l'un de vous deux meurt.
Tu n'étreins que des spectres et le doute te submerge. Une peur plus grande encore se dresse derrière tes épaules. Claudicant, tu tentes de t'enfouir sans te retourner. Et la vague qui va t'emmener à la fosse te rattrape.
Prends du répit en observant les maîtres. Ton désir, ta force, contrôle là. A corps perdu, libère là ! Qu'elle éclate en torrent. Qu'elle te transmute en Apollon téméraire. Que le courage ne vienne plus jamais à te manquer. Qu'en palabres tu t'étendes. Que tes simples mots émoustillent, transforment la haine en amitié, qu'ils éclairent l'obscurité tels une étoile égarée dans l'espace. Qu'ils laissent miroiter les fantasmes les plus fous. Que dans leur carapace accueillante, ils appellent l'inclination d'autrui. Qu'ils fassent ta richesse. Qu'enfin, de ton carquois ils jaillissent comme l'éclair et sur ta corde s'élancent au fond des âmes.
Contrôle la force et prends les rennes de ta vie aux mains du destin. Il est bien trop tôt pour épouser la faucheuse.
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