29.04.2008

Haine amoureuse

Grattez le vernis de l'affabilité conciliante de l'amabilité gentille et idiote, les odeurs insalubres de la fange insalubre et sordide craquellent votre contenance. A immanquablement l'érailler, la bile immonde se déverse sur vous.

Toi, étoile dans la nuit, souffle sur la vie et diablesse, dans ta robe de vénus, qui égare sournoisement les passants. Belle comme un ange et mortelle comme une rose empoisonnée. Je t'arracherai les tripes, déchiquetant rageusement la toile épidermique et tendue de ton ventre. Je déchirerai tes petits seins insolents dans un froissement indécent de chairs indécentes. Je martèlerai ta tête - décapitée - et son regard ivre qui drape de langueurs les personnages de ton histoire. Ce, jusqu'à déformer entièrement ta fragile et attendrissante boîte crânienne qui ne ressemblera plus qu'à une agrégation de silex avenant et acérés. Tes yeux provocateurs de déesse des abysses, je les broierai. Tes cheveux, avec une rage incommensurable, je les déracinerai un à un pour que ton cuir chevelu, ensanglanté, devienne meuble.

Dans cette violence viscérale, irrépressible, dans ce viol sauvage, dans cet amour destructeur, aux lambeaux de chairs détachés, je te scierai les membres. Tes bras et tes jambes menus, je les mordillerai, je les sucerai de tout leur sang. Je me rassasierai de ton corps défait, de ton corps ravagé.

Dans cette explosion d'érotisme, ce carnage lubrique, dans une ultime étreinte gore, entre deux effusions de ton sang séminal, j'expierai tout ce mal latent et lourd, qui me précipite dans les vertiges de tes organes épars.

Je jouirai de ta douleur autant que tu jouis de ma souffrance.

Toi, qui rejette mes secrètes avances, dont le sourire enjôleur et trompeur s'apparente à la gueule affamée du loup, qui piétine les bourgeons de mes espoirs, qui me répudie comme un mendiant galeux ou léprosé, qui me laisse m'ensevelir sous les éclats que tu fais de moi, qui me regarde imperturbablement m'étrangler, pitoyable et honteux de mon imprudente vanité, je mets ton hymen en vitrine dans cette boucherie.

Seul ton corps, sera capable de ma soulager de mon mal.

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