13.05.2008
La libération du jouisseur maudit
Ma seule issue, c'est l'extase. Mon seul salut le plaisir. Je brûle de désir, mon fuel à moi, ma méthadone, ma mescaline. Je les ingurgite inlassablement avec une soif inextinguible et l'extase je le dévore avec une faim insatiable. Jusqu'à l'écœurement, je me gave d'érotisme. Je m'étrangle dans l'assiette de vénus, je m'étripe les extrémités dans une douleur aiguë et exquise à l'ombre des charmes des marquises, je me prélasse dans les lits des putains, je vais jusqu'à dessaler et dévoyer vos mères – honteuses quand je leur souffle dans le bas des reins, - je jubile de mes carambouillages, de ces extases éphémères, de pouvoir dérober à toutes ces immondices si intense lumière qui malheureusement ne m'irradie que bien trop précipitamment.
Je cherche dans cette débauche absolue ma libération. Cette lubricité invétérée dans son élixir contient son suc autant que son poison, les baisers me brûlent les lèvres, les embrassades de tous ces corps fous et intempérants me mutilent toujours un peu plus et les étreintes m'arrachent chaque fois un souffle de vie. Je mœurs à petit feu, doucement gargarisé par les délices des chairs et violemment ébouillanté par l'épanchement de ma passion. Je prie secrètement pour que la maladie m'emporte : syphilis, hépatites, sida ! Démones de mes nuits, diablesses en rut, emmenez moi avec vous dans le vide intersidéral.
Je mourrai alors en paix, heureux. Sur mon corps on verra les stigmates du jouisseur, maudit. Seulement alors j'aurais eu tout ce qu'un homme peut désirer : s'épuiser mortellement à éprouver toute l'intensité des limites de son corps, de sa chair, de son être et de son âme. Je ne pourrai partir heureux que dans la plénitude de mon plaisir.
22:00 Publié dans Ephéméride | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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