12.10.2008
Qu'est-ce qu'on va faire de toi ?
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08.10.2008
Impétueuse romance
Mon amour me trouble de sa profondeur. Je tremble dans son ombre. Son intensité me plonge dans la torpeur mais ses ailes immenses ne cessent jamais de battre et jamais mon amour ne se pose. Il soulève tour à tour les demoiselles les plus inattendues et voilà que je regarde consterné s'éloigner celle que je me croyais destinée tandis que déjà, la chaleur d'une autre m'enivre dangereusement, quelques mètres plus haut encore et voilà que je défaillis. Dès lors je ne sais plus qui de mes larmes ou des lèvres de ma nouvelle-aimée mouille mon visage. Déjà, alors que mon amour gonfle mon cœur comme une outre dont la peau serait si tirée que sur le point d'éclater, je sens les flots se déverser et inonder une passante jusque là inconnue. Toutes ces damoiselles, si je ne peux en aimer une, je les aimerais toutes.
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06.10.2008
Pour l'amour d'une dame
Pour l'amour d'une dame, je vendrais mon âme. Pour être aimé, je n'ai plus de morale, je me travestirais, je me vendrais au plus offrant. Mes noms et prénoms je les barrerais avec mon propre sang si besoin est. Je tuerais père et mère, frère et sœur, simplement pour être aimé. Celle qui serrera mon cœur entre ces doigts fins méritera tous les sacrifices. Qui je suis jusqu'à maintenant, je le nierais, mes principes je les oublierais. S'il me faut me pendre, m'étriper me trucider, m'ouvrir le ventre et grailler mes entrailles, m'avilir jusqu'à la peau de mes ongles que j'aurais arraché ou même étrangler mon prochain, brûler vif un être vivant, dépecer à mains nues le premier venu, je n'hésiterais pas. Si je ne puis me faire aimer qu'à ce prix là alors je n'hésiterais pas car je ne vis que pour l'amour de celle que j'aime.
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04.10.2008
Une rencontre
Juste quelques heures à se croire aimable/aimé
Quelques heures d'espoir et des heures et des heures à douter de te revoir
Quelques heures pour se croire sorti du tunnel d'or
Du tunnel des désirs et des fantasmes douloureux
Quelques heures pour respirer le parfum de tes omoplates déployées
Et imaginer tes reins arqués
Quelques heures où les girons s'emplissent d'une langueur doucereuse
Une heure d'ondulation à douter de l'issue d'une confrontation
Une autre d'errance au manque indicible de chairs à dévorer
Bref, quelques heures pour voir à nouveau s'ouvrir le gouffre d'années de pleurs
Oui, mais quelles heures...
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02.10.2008
Ah Aaron...
I still feel like a child
I still need you by my side
Deux compères, deux phrases pour deux minutes d'émotion pure, de névrosisme fiévreux, d'infantilisation intense, d'abandon à la cruauté du Monde, de violente espérance et de profond désespoir, de folie douce, d'ivresse fantasmatique et d'insoutenable mélancolie.
Aaron comment conseiller ce groupe mieux qu'en dévoilant mon adoration pour leurs ballades oniriques envoutant jusqu'à l'inconscient qui, sorti de sa tanière, vous entoure de ses bras et vous emmène langoureusement dans les méandres tortueux de votre âme, aux détours desquels désirs et peurs s'enlacent comme des plantes grimpantes ; jamais la mélancolie ne sera aussi ennivrante qu'elle l'est à l'écoute d'Artificial animals riding on neverland.
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30.09.2008
I still feel like a child
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29.05.2008
Contre tous
La haine on la dégueule
Les brimades
Les boutades
Les séquestrations
Les humiliations
Qu'il est con ce pauvre garçon
Qu'il est con
A remonter à contre courant
Le flot des passants
Il y a du poison dans le fond de nos tripes
Comme l'impression qu'on nous étripe
Cassons leurs dents de requin
Les lâches détaleront comme des porcins
Il y a comme une odeur de souffre
Et une déflagration qui remonte le gouffre
Du monde sous pression
Voilà le ras de marrée
Qui entraînera tout le monde par le fond
Les rois peuvent bien se marrer
On a la main sur la couronne
On a la main sur cette putain de couronne
Et une fureur indicible
Qui nous rend presque invincibles
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27.05.2008
Talons, étalon
Je m'accroche aux cambrures indécentes
De tes jambes concupiscentes
Juchée sur tes talons
Tu me dresses en sulfureux étalon
Pyromane des comptoirs
Gazelle de la savane enflammée
Je me consume lentement à te voir
Sur tes échasses, te déhancher
Tu me dresses en sulfureux étalon
Juchée sur tes talons
Tes formes s'arquent et se tendent
Jument sauvage dont les flancs bandent
Tu embrases mon plexus solaire
Je souffre de ne baiser ton buste impudique
Et tous tes autres trésors lubriques
Sur lesquels je ne saurais me taire
Laisse-moi longer tes lignes érotiques
Traverser monts et vallées
Que j'esquisse dans tes sphéricités
Un émoi critique
De la hauteur profonde de tes cuisses
A tes chevilles vertigineuses, je glisse
Juchée sur tes talons
Tu me dresses en sulfureux étalon
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25.05.2008
Gueule de plomb
Anonyme parmi les cons
L'agonie a soufflé toutes tes paroles
Les esprits futiles s'envolent
Te narguent et t'appellent débile
Mais dans ta gorge une chape
Retient ta bile
Impossible que tu les rattrapes
Tes années se délient et filent
Tu gardes en mémoire des sourires de filles
Mais tes dents restent serrées
Et t'empêches de crier
Le chant des sirènes te fait rêver
Tu te voyais poète aux balcons ensoleillés
Ou faire de beaux discours politiques
Autant de plaisirs soniques
Gueule de plomb
Anonyme parmi les cons
L'agonie a soufflé toutes tes paroles
Et les esprits futiles s'envolent
Tu les regardes s'envoler
Le cœur brisé
Les pieds plantés dans la terre
Tu pries pour qu'on t'enterre
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15.05.2008
Le vieil homme et la mort
Gourd comme un rocher millénaire, il s'abrutit à compter et recompter son troupeau d'années moutonnantes, et lisse sa barbe grisonnante. Quelques jours encore et ses yeux s'enfonceront dans leurs orbites, et son visage s'enfouira à jamais sous les godets de sa peau flétrie. Et il les dénombre encore, ses bêtes au nombre pourtant incalculable, ses ogres de vie comme il les appelle. Et il en oublie sans cesse et il recommence, encore. Et le temps passe, lentement. Lentement...
Le loup viendra, tôt ou tard. Cette idée l'obnubile, le pétrifie. Il s'interroge. Une seule bouchée suffira-t-il à ce scélérat pour se repaître du troupeau de toute une vie ? Ou l'exécution s'éternisera-t-elle jusqu'à ce qu'il meurt complètement dépouillé ? « Qu'au moins je puisse me bander les yeux, » lâche-t-il péniblement et en soupirant. Le souffle de la mort lui glace le dos des oreilles, et tous ses os émoussés qui l'empêchent de bouger. Il partirait sinon. Loin, très loin, où les aiguilles des horloges tournent à toute vitesse. Alors qu'ici, le temps se traîne tellement qu'on le dirait infini. Les minutes s'égrainent comme les pas du bourreau sur l'échafaud. La mort lui rit au nez et il le sait. C'est pour ça qu'il tremble, dans ce calvaire d'une attente interminable, où le châtiment et à la fois supplice et délivrance. Cette religieuse funeste, à moins de la devancer, il lui faut l'affronter en face et lutter une dernière fois pour emporter avec lui le foyer de souvenirs qui brûle en son sein.
Soudain, à ses narines montent comme un parfum d'antan. La peur le fait délirer, « que de beaux moutons, » s'extasie-t-il pour la énième fois. Puis, sans même qu'il se doute pourquoi, il se confie à lui-même : « Le plus beau, c'est Paulette. » La voilà qui resurgit de nimbes obscures. La vie dans un dernier sursaut lui envoie son amour le plus cher. Sa femme aux cheveux d'ébène tout l'été, puis pendant l'hiver aux cheveux anthracites, comme les siens aujourd'hui. Les amants se rejoignent, enfin. Sans se toucher et contrits tous deux, ils se sourirent ; chacun tenu à l'écart par leur passion douloureuse qu'ils leur faut maintenir pour survivre ainsi que par le respect de la souffrance de l'autre. Presque jusqu'au bout, ils auront vieilli à deux, partageant les mêmes joies et les mêmes peines, le même bonheur et le même malheur. Malgré le temps qui a atténué sa passion, le vieil homme l'aime toujours autant, quelque part derrière son vieux cœur qui bat, indiscipliné, le pincement des premiers émois qui restent très présents dans sa mémoire, et aussi fébrile que lui, l'élance encore. En pensant à Paulette, il s'observe lui. A travers elle, l'homme qu'il a été, celui qu'il est devenu et celui qu'il finira. Il aimerait le rester toujours, autant que rester avec Paulette.
Son corps se met à cliqueter, ébaudi par l'arrivée de ses vieux compagnons. Les larmes lui coulent sur les joues. Il les distingue à peine mais pourtant il les reconnaît bien. « Fernand ! Lucien » et tous les autres ! Tous ses camarades de guerre, les morts y compris, le saluent. Ceux qu'on a enterré juste après l'hécatombe, ceux-là sont les plus chaleureux. Avec eux, le vieil homme a partagé tant d'espoir malgré les bombes qui pleuvaient dru, tant de projets fous ils ont ourdi dans ces maudites tranchées que jamais ces amis là ne purent réaliser. Lui leur a donné de la consistance, avec une telle religiosité qu'il ne les a jamais vraiment quitté. Tous ces espoirs, toutes ces ivresses, en mourant ses camarades les lui ont laissé. C'est comme si malgré tout, ils s'étaient jusque là maintenu en vie. Et lui, de cette façon, leur a offert l'amour que le bonheur qu'eux lui ont offert lui a conféré. Jusqu'à maintenant il les aura honorer, mais maintenant ?
Il parle à ses fils maintenant, ainsi qu'à ses petits-enfants. Les premiers ne ressemblent plus du tout aux nourrissons criards qu'ils étaient au début. Aujourd'hui, ceux sont deux hommes d'âge mur qui comme lui, commencent à se grimer. Le vieil homme n'en revient toujours pas, de se trouver à l'origine d'un tel prodige, de cette chose si ahurissante que représente donner la vie. Que lui, si modeste soit-il, ait pu engendrer d'autres êtres humains. Ils symbolisent un peu l'œuvre de sa vie, sa fierté. La seule chose qui dépasse et de loin, sa petite personne débonnaire mais sans prétention. Et puis il y a ses petits-enfants. Les marmots cabriolent déjà dans tous les sens et ses pauvres jambes peinent à les suivre dans leurs escapades effrénées. Et il les aime tant qu'il se demande souvent pourquoi. Il ne les a même pas fait ceux-là ! Peut-être simplement les aime-t-il parce qu'ils rendent ses propres enfants heureux. Ou alors parce qu'ils lui donnent confiance, qu'ils rassurent, que même quand il sera parti la vie continuera, sans lui. C'est banal à dire, mais il se l'avoue pourtant : ils lui inspirent un sentiment d'immortalité. Et ça l'apaise délicieusement.
Puisqu'il évoque sa famille, forcement viennent ses parents. Comment pourrait-il oublier ses propres parents bien que disparus si longtemps auparavant ? Ses parents nourrissent depuis toujours l'essence même de sa vie, ils alimentent le moteur qui dès le début l'a poussé à mettre un pied devant l'autre. Et toute sa vie leur énergie l'a soutenu, lui a donné la rage d'exister, la volonté de terrasser ses peurs et d'aller au-delà de la fatalité, arracher au ciel un peu de bonheur. Il se rappelle leur union, leur idylle parfaite et cet amour immense, emprunt d'une absolue abnégation, qu'ils lui ont transmis. Comme ils lui manquent ses parents, ils se sont éteints depuis si longtemps que c'est à peine s'il s'en était rendu compte.
Voilà tout ce qui se joue et se rejoue en lui depuis toujours mais plus encore maintenant, à l'heure imminente de sa mort. Qu'on puisse lui prendre tout ça l'afflige profondément. Il se le remémore, encore et encore, pour se rassurer, comme si tout vacillait et qu'au final la réalité des choses se voyait remise en question. Il se sent si impuissant qu'il préfère ne plus bouger. Il écoute ses bêtes bêler autour de lui, on dirait qu'elles chantent pour lui, comme pour lui dire adieu. Il pleure doucement et sourit. En fin de compte, la mort l'inquiète peu. Il espère même qu'elle viendra vite. Ce qui le plonge dans l'effroi c'est la peur que le temps reprenne ce qu'il lui a donné, tous ses souvenirs qu'il garde précieusement au fond de son cœur. Tout ce qu'il redoute, c'est que ses souvenirs disparaissent alors plutôt que de les perdre, il préfère mourir, maintenant.
Que la mort se dépêche de venir, il n'a plus peur.
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